4. LA SELECTION DU BETAIL.

Notre élevage est classé à l'UPRA. Il fait donc l'objet d'une sélection stricte en vue d'améliorer la race Mérinos d'Arles. Tenir un carnet d'agnelage est une des contraintes nécessaires si un éleveur souhaite faire partie de l'UPRA. Ce carnet d'agnelage va permettre ainsi d'obtenir la traçabilité du troupeau, ce qui correspond en quelque sorte à l'arbre généalogique de chacune de nos bêtes. Cependant, selon le niveau que l'éleveur souhaite acquérir, d'autres contraintes sont imposées. Les élevages de l'UPRA sont classés selon trois niveaux:

  • utilisateurs: L'éleveur est classé utilisateur lorsqu'il se contente d'acheter des femelles de reproduction.
  • multiplicateurs: Pour ce niveau il est simplement demandé à l'éleveur de tenir un carnet d'agnelage. Ici, l'éleveur fournit des femelles reproductrices à des élevages effectuant des croisements génétiques dans le but d'obtenir des bêtes à viande.
  • sélectionneurs: Ce niveau est celui dans lequel est référencé notre élevage. Il nous est imposé de tenir un carnet d'agnelage, d'effectuer des pesées et des contrôles de performances sur nos agneaux, afin d'établir un index (gain 10/30 et gain 30/70). Ce niveau permet à l'éleveur de vendre aussi bien des agneaux pour la boucherie que des bêtes pour le renouvellement (femelles et béliers).

    Toutes les années, mères, pères et progénitures font l'objet d'une étroite sélection, sélection basée sur les différents critères de la race. Chaque animal possède son propre index, sa propre carte d'identité. Toutes les informations concernant nos bêtes (dates de mise bas, numéro de médaille de la mère et de l'agneau, sexe, poids, caractères particuliers...) sont enregistrées dans l'ordinateur. L'index type (mâle et femelle), qui est défini en fonction des objectifs de la sélection, est élaboré par l'UPRA.

    La sélection commence bien avant la date de mise bas. Nous faisons chaque année 3 lots de femelles:

    1. Un lot de lutte, qui est constitué d'une cinquantaine de brebis. Sur ces dernières, on place vers le 10 mai le bélier possédant le meilleur index.

    2. Un lot de brebis réservées pour l'insémination artificielle. Si cette méthode permet d'effectuer une sélection plus pointue, le taux de réussite n'est que de 50%. Ceci est la raison pour laquelle seulement 50 brebis sont sélectionnées pour l'insémination artificielle. Les semences proviennent des mâles sélectionnés par l'UPRA au sein des différents élevages faisant partie de cette union. Les inséminations sont effectuées vers le 19 mai, le lot de brebis étant effectué bien avant la mise des béliers dans le troupeau afin qu'elles soient préparées à recevoir le bélier (mise en place des éponges).

    3. Enfin, le reste des femelles constitue le lot de lutte naturelle. Sur ces brebis, on place les autres béliers du troupeau. Les béliers sont placés vers le 10 mai.

    Si une sélection est effectuée sur les méres (comme le montre la page dédiée aux objectifs de la sélection), une autre porte sur leur progéniture. Ce n'est que comme cela que l'éleveur arrivera à améliorer son bétail et satisfaire ainsi sa clientèle. C'est au sein des nouveaux nés issus de la mise bas des mères constituant les lots de lutte et d'insémination artificielle que nous allons sélectionner les futurs mâles et futures femelles. Cette sélection commence dès leur naissance.

    En ce qui concerne les mâles, dans un premier temps 30 sont sélectionnés. Puis au fur et à mesure de leur croissance, seuls les 10 jeunes béliers possédant les meilleurs index sont gardés en vue de devenir de futurs reproducteurs. Ces béliers partent à la coopérative génétique du sud-est, la COPAGO, qui siège à Sisteron. Cette coopérative rassemble les éleveurs classés à l'UPRA, éleveurs qui créent et ceux qui diffusent la génétique. Nos béliers sélectionnés rentrent une nouvelle fois en compétition avec les autres bêtes du centre de sélection, bêtes qui ont elles aussi été classées parmi le 10 meilleures des autres élevages UPRA. Au total, 200 béliers entrent en compétition et seulement les 10 premiers candidats pourront rentrer au centre d'insémination. Un bélier est sélectionné dans un premier temps en fonction de la valeur laitière de sa mère. Ce critère compte pour 50%. Les 50% restants comprennent:

  • Les notes de croissance.
  • Une note de standard de race.
  • Une note de conformation (critères de boucherie).
  • Sa précocité.
  • Une analyse de laine.
  • Les notes du père.

    C'est également en fonction du meilleur index que nous sélectionnons les futures agnelles en vue de renouveler notre troupeau. Parmi les agnelles de mères et pères connus, les 180 à 200 premières (dites agnelles classées) seront gardées en vue de renouveler le troupeau. Cela nous implique de vendre chaque année le même nombre de brebis de réforme (vieille brebis). Parmi les autres agnelles, une partie sera vendue en tant que futures reproductrices et l'autre partie sera vendue pour la boucherie. Le choix de ce classement définitif sera arrêté après la prochaine descente de montagne.

    Agnelles et mâles de pères et mères connus sont tatoués et médaillés (Tip Tag puis médailles) afin d'être référencés dans le carnet d'agnelage et suivis tout au long de leur croissance.

    Les autres naissances sont consacrées à la vente. Entre le 10 et 15 février, ces agneaux sont sevrés et vont commencer à être engraissés. Ces bêtes vont recevoir la meilleure des nourritures de tout le troupeau. Comme chez tous les éleveurs de notre région, notre bétail est nourri avec une alimentation 100% naturelle. Que ce soit dans les patûrages de Crau (Crau humide et Crau sèche), ou bien sur les alpages de nos montagnes, l'agneau Provençal mange une herbe de qualité, saine et protégée, que l'on pourrait qualifier de biologique. Le fourrage avec lequel nous nourrissons notre bétail est le foin de Crau qui depuis le courant de l'année 1997 bénéficie d'une Appellation d'Origine Contrôlée. Il s'agit du premier produit alimentaire à destination non-humaine à recevoir ainsi une AOC. En plus de leur importante ration en herbe et foin de Crau (qui leur permet de ruminer), ces agneaux reçoivent un complément en céréales (orge, maïs, soja et blé) ainsi que des bouchons de luzerne déshydratée, cela jusqu'au moment de leur vente. On voit donc bien que l'agneau de Crau ne peut produire, de par sa nourriture naturelle, qu'une viande naturelle.